Dimanche 11 mars 2012
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"Le mauvais temps est juste dans vos têtes." C'est ce qu'un professeur d'éducation physique ne cessait de nous répéter au lycée. Il nous sortait cette chanson
chaque fois que nous prétextions le mauvais temps pour ne pas descendre au terrain et rester, peinard, au vestiaire.
Notre professeur de sport était quelqu'un de bien, de peu sociable, de très taciturne mais de hautement dynamique et surtout il était un bon vivant. On
comprend mal, je le consens, le fait d'être bon vivant sans pour autant être sociable et sans aimer la vie mondaine. Lui, il n'était pas mondain, mais il aimait la vie, son côté sauvagerie,
nature, virginité, instinct, climat, les quatre éléments...
A l'époque, on ne comprenait pas ce que voulait dire: " le mauvais temps est dans la tête" mais en avançant dans l'âge, nous avons-- enfin, j'ai-- saisi la teneur de
son expression: tout se joue dans la tête, le mal tout comme le bien se joue là...Il suffit donc d'avoir une pensée positive, de positiver les problèmes, de voir 'the bright side" du tableau, le
côté brillant des choses, en définitive.
Ainsi, la vie m'a appris que, en positivant, en pensant positif, on peut contrôler le mental, puis le psychique, puis le physique, puis le social... Le processus
n'est pas du tout facile car il s'apparente plutôt à une mystique particulière mais "ça vaut le coup". Finalement, beaucoup de problèmes, beaucoup de maladies, beaucoup de
consultations chez des spécialistes pourraient être évitées juste grâce au "penser positif" si cette application était mise en place par l'Homme. Ceci demande certes une préparation, une
éducation, un conditionnement, un état d'esprit et une philosophie mais...tout ceci commence par un pas: avoir confiance en soi et se concentrer sur ce que l'on a et non sur ce que l'on n'a
pas...Le progrès est évident, par la suite, et les choses couleront de source à condition toutefois d'avancer par petits objectifs réalistes, réalisables et pratiques.
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Vendredi 3 février 2012
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12:03
Il m'arrive, après des années, des dizaines d'années, des vingtaines d'années, de rencontrer des gens que je connaissais bien: des amis d'enfance, des anciennes
maîtresses, mes ex- professeurs, d'anciens amis ou...d'anciens ennemis. Je prends un malin plaisir à contempler leurs visages tel un expert scrutant, dans les détails les plus infimes, une scène
de crime, ou tel un architecte qui examine à la loupe un vestige romain. En effet, dans un laps de temps très infime, des fractions de seconde, le temps que mes yeux croisent ceux de ma
"retrouvaille", je fais un travail énorme de maître: j'observe, sélectionne et analyse les composantes du visage qui est en face de moi...plus particulièrement, j'essaye de repérer, d'identifier
et de quantifier l'oeuvre de la Main du Temps, sur ce visage! Et croyez- moi, le résultat n'est ni enchanteur, ni encourageant mais...profondément philosophique.
Effectivement, j'apprends, à chaque fois, et chaque fois à mon corps défendant, que le Temps a métamorphosé les visages de mes anciennes connaissances...Et, à
chaque fois, cela me fait énormément peur. Des cheveux qui sont tombés ou en voie de chute(s'ils ne sont pas blanches, ou à la rigueur grises), ...des peaux rapetissées, ratatinées,...des
yeux rabougris, creux et creusés,... des paupières recroquevillées,...des fronts plissés,... des lèvres déséchées,...des joues fanées, rapetissés, flétries, des mentons fanés, réduits au
minumum, réduits à un os déséché...Bref, le spectacle n'est pas rose...Un spectacle apeurant, terrifiant, écoeurant...d'autant plus que souvent, ces visages appartiennet à des gens qui trônaient
sur leurs beautés pareils à des Césars sempiternels et que les ravages du Temps, ennemis invisibles, ont détrônés, lentemenet mais sûrement, tels une eau traversant un roc, pendant de
longues époques: l'érosion se fait sur des millénaires peut- être!
Il m'arrive, parfois, de ne pas reconnaître du tout quelqu'un qui fut pourtant très proche de moi pendant des dizaines d'années...Il m'arrive, en effet, que
quelqu'un m'arrête, dans la rue, en affichant une expression vague et indignée: "Ne m'as- tu pas reconnu?"a-t-il l'air de dire. Mais moi, je reste bouche bée. D'abord, parce que je ne l'ai
pas reconnu en effet, mais surtout, parce que devant le désastre que le Temps a produit sur ce visage, je perds mes mots, je perds la notion du Temps et de l'Espace et je me fige durant des
secondes, métamorphosé en pierre, par la main sorcière et perfide du Temps.
Et...je désire fuir, m'en aller, disparaître, en laissant le bras de mon ancienne connaissance-- qui se demande pourquoi je ne l'ai pas reconnue--, eh bien, en
laissant ce bras suspendu en l'air, tel celui d'une statue dans un parc public...Tant pis si je passerai pour un impoli mais j'ai hâte de quitter les lieux. Je me précipite, dans la foulée,
vers une ruelle mal éclairée où je prendrai le temps de respirer et de lécher mes blessures. La raison en est que, le visage vieilli de mon ex- ami, m'a donné le vertige, la nausée, le
dégoût. Pourquoi?...parce que...dans son visage...je voyais... le mien.
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Vendredi 20 janvier 2012
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23:14
Je me suis toujours demandé pourquoi l'on ressent la valeur de quelqu'un juste au moment où on le perd. Je me suis souvent interrogé sur la justesse, le sens,
l'importance et la signification du mot "valeur", puisque, l'on ne ressent la valeur de quelque chose ou de quelqu'un qu'en le perdant, paradoxalement. On a beau dire que cette chose a de la
valeur, que je l'apprécie, que je l'estime, que je la cote, que... N'empêche que ces expressions sonnent creux, ou sonnent faux jusqu'au jour où l'on perd cette chose, et là, d'un seul coup, on
prend conscience de la VRAIE valeur de cette chose- là, sous le choc de sa perte, comme ferait un Africain qui ne prendrait conscience de l'importance du soleil que le jour où il en serait privé,
sous des cieux plus nuageux, moins cléments et plus pluvieux...La pire des choses reste ceci: la valeur des gens que l'on perd, soudainement, et qui meurent, à l'improviste, alors qu'on les
pensaient immortels, jeunes, forts et beau...Le deuil s'opère et s'installe comme un occupant indésirable et grossier...En effet, on ne prend acte de la valeur d'une personne que le jour où cette
personne n'est plus là, particulièrement quand cette personne s'éteint...A ce moment- là, ramener cette personne à la vie s'avère inutile car impossible, et l'on reste sous le repentir, sous le
choc, sous le regret, sous le joug de sentiments bêtes car se manifestant en retard, trop tard...Et c'est, paradoxalement à ce moment- là que l'on saisit dans son ampleur la valeur de l'individu
qui nous a quittés, à la manière d'un homme qui n'arrive à admirer l'envergure d'un aigle royal que quand celui- ci est au ciel, imposant car les ailes déployées...mais c'est trop tard,
l'aigle est très loin dans le ciel...impossible de le rattraper...Je pense que Blake-- ou quelqu'un d'autre-- a dit: " la valeur n'est valeur que quand l'homme s'y consacre". Je pense que c'est
vrai mais j'ajouterai que la vraie valeur de quelqu'un que nous côtoyons ne se manifeste à nos yeux que quand il nous quitte. C'est comme cela...L'homme est stupide et il ne réagit qu'après-
coup. L'homme ne sait admirer l'oeuvre d'art qui est en face de lui que le jour où elle quitte son piédestal pour s'engouffrer dans les archives de l'Histoire...A ce moment- là, regretter le fait
de ne pas l'avoir admirée à sa JUSTE VALEUR, est un acte de repentir INUTILE et ABSURDE...A quoi sert de regretter, le jour du Jugement Dernier, d'avoir été mécréant? A quoi bon de regretter
d'avoir négligé sa femme quand on la voit dans les bras de son amant? A quoi bon de regretter d'être un mauvais fils quand les parents sont partis? A quoi bon de décider de s'intéresser à la
pièce théâtrale quand le rideau est baissé? A quoi bon de vouloir faire du bien quand le mal est déjà fait?
Mohamed AZZAMORI, A Tetouan, le 20 janvier 2012.
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Dimanche 11 décembre 2011
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13:53
On parle souvent de "mérite". On ignore son sens précis. Cela fait partie, en quelque sorte, des mots que l'on utilise à tort et à
travers, faute d'en trouver mieux. Un peu comme l'on dit, "Bonjour" même si le jour en question n'aurait rien de beau, absolument rien...Ainsi, un médecin, arrivé à la hâte, au chevet d'un
mourant, lui dira sûrement:"Bonjour!"...une façon de parler...tout simplement...Et d'ailleurs, que proposeriez- vous à ce médecin? Qu'il dise:"Salut"? "Comment ça va"? ...Cela reviendrait au
même...Des expressions creuses, sonnantes et trébuchantes, arbitraires, conventionnelles, stériles...langagières et humaines, en somme. Et tout ce qui est humain est...relatif, très
relatif.
A ce niveau, l'on parle, dans le domaine de la fonction publique et privée, de "mérite", de "rénumération selon le mérite", de "salaire selon la
rentabilité", et dans le domaine scolaire, par ailleurs, l'on parle d'"ordre par mérite"...Des expressions qui en disent long car elles disent tout et rien, en même temps!...La raison
en est que, dans la fonction publique, la rémunération a toujours été en rapport avec l'ancienneté, que vous méritiez cette rémunération ou pas, alors que dans le secteur privé, le salaire a été
toujours calculée en fonction de paramètres beaucoup plus complexes, en fonction du degré de votre allégeance, de votre dévouement, de votre "prêt à tout"-- y compris prêt à vendre votre
ami...pour prendre sa place, par la suite!-....Tous les paramètres y passent donc...sauf le mérite... A quand donc l'homme qu'il faut à la place qu'il faut quand il le faut?
On nous rabat, hélas, les oreilles par des sornettes avec lequelles on nous assomme chaque jour...des sornetttes de type: "l'ordre du mérite", "selon le
mérite", "lui, il le mérite"...Il ne manquait plus q'une décoration de mérite...laquelle décoration existe bien dans plusieurs pays, huereusement ou...malheureusement!
Ainsi, des inspecteurs de travaux finis dépêchés à la va- vite, viennent constater-- à la manière des huissiers-- si un fonctionnaire "mérite" bien
son salaire, et partant, ils rédigent des rapports dans ce sens---si jamais ils les rédigent-- pour que ses rapports aillent directement aux archives...sinon aux poubelles.
Toutefois, ces" inspecteurs" méritent-ils d'être "les inquisiteurs du mérite"? Font-ils leur travail comme il le faut? Sont-ils supervisés par leurs
chefs hiérarchiques? Et quand bien ce serait vrai, ces derniers méritent-ils de superviser ces inspecteurs?...
Vous conviendrez donc que, en raisonnant de la sorte, on tombe dans un cercle vicieux qui est plus dangereux que des sables mouvants...Ce raisonnement
est donc contre- productif, voire insensé vu que, la notion du mérite ne relève plus de la réalité mais de la mythologie et dans les meillers des cas de l'histoire de ...la chevalerie du Moyen-
Age!...La raison en demeure que, le mérite se calcule selon des critères objectifs, selon des grilles préconçues scientifiquement....Et même si ces grilles existaient, la lecture humaine les
fausseraient....Pour vous dire que l'on ne peut jamais calculer objectivement une notion subjective!
Mohamed AZZAMORI, à Tetouan, le 11 décembre 2011.
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Samedi 8 octobre 2011
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13:21
A l'origine, le pédagogue était celui qui emmenait un enfant à l'école. Il était, qui plus est, un valet. De nos jours, le pédagogue est un spécialiste... Son
travail consiste à "développer" les compétences de l'apprenant et à le mettre sur la bonne voie de l'apprentissage...Seulement voilà, comment faire développer les compétences de quelqu'un quand
on ne connaît pas ses propres compétences-- si compétences existent déjà!!-- et quand on ne les développe pas du matin au soir?
De par sa formation, son métier et son "expérience", le pédagogue s'estime capable d'éduquer et d'enseigner...Pour lui, une mise à jour de ses "connaissances" et de
ses "savoirs- faire" n'est pas indispensable...Il a la main, il a le flair et cela fait des dizaines d'années qu'il fait ce métier...Donc, ipso facto, il le fait bien!
Toutefois, la réalité est bien différente de tout cela...Elle peut même être à l'opposé de tout cela...pour la simple raison que la pédagogie est un art, une science
et un investissement...mais le pédagogue le sait- il?
De toute évidence, il le sait mais il préfère ne pas en faire tout un plat: l'Etat le paye si mal, les apprenants réagissent si mal et les conditions de travail ne
sont pas bonnes du tout...
Reste à savoir si les conditions de travail du valet grec étaient meilleures!!!
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