Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.
Souvent, nous avons l'mpression qu'un auteur-- céateur par excellence, sinon le Créateur tout court-- est maître chez lui et capitaine sur son beateau. Cela devient plus évident lorsqu'il use de son droit de "tout savoir, de tout connaître", pire, quand il recourt à sa prérogative de"diriger le lecteur là où cet auteur le veut", bref les choses sont claires du moment où l'auteur décide de mettre le cap sur sa destination favorie, de marteler avec son marteau littéraire ou journalistique sur le bureau de la connaissance" Adjugé, messieurs!!".
Toutefois, une règle s'applique, au grand dam des auteurs, lorsque le lecteur veut l'appliquer: celle du voleur volé ou de l'apprenti sorcier. En effet, nombreux sont les auteurs qui vont se coucher après la publication de leurs écrits, avec la ferme conviction qu'ils ont "enseigné" des choses au lecteur, voire-- dans les cas les plus humbles--"transmis" des connaissances à ce lecteur- là et ils s'en frottent les mains, tapis dans leurs lits sous leurs bonnets intellectuels, en imaginant d'avance que leurs publications vont "changer le monde"...comme ils le veulent. C'est absolument faux, le cas étant qu'un lecteur averti est plus"dangereux" qu'un auteur expérimenté...tout simplement parcequ'il lit, relit et relit encore une fois et une autre...à loisir. Il joue le rôle du"profiler" et fait exactement le contraire de ce que l'auteur lui"suggère" ou lui"ordonne". Il y prend son temps: il n'a pas d'oeuvre à publier et n'est pas pressé par les créanciers , les éditeurs et les rédacteurs en chef. Le LECTEUR AVISE met toujours entre parenthèses les "déclarations" de l'auteur quel qu'il soit celui-ci. Il peut même tansformer ces déclarations en "allégations" voire en mensonges ou pures balivernes!
Le lecteur, s'il est "payé" pour lire, pareil à l'auteur qui l'est pour écrire va même plus loin: il dresse le portrait de cet auteur, décortique sa vie, met le doigt sur les détails les plus infimes de sa vie privée, sociale, sexuelle, financière...Bref, un lecteur "professionnel" fait un véritable travail de police. Il peut même faire la célebrité de l'auteur ou ...sa ruine ou le mettre en quarantaine!
Pour conclure, un auteur qui veut endoctriner, chapitrer, diriger, éclairer ou juste transmettre et qui recourt pour ce faire à toute une "machine" d'édition, de publicarion, de publicité, de références, de normes...risque, en fin de compte, d'être mis K.O par un lecteur qui, inoffensif de prime aabord, s'avère...armé jusqu'aux dents.
Mohamed AZZAMORI