A cet ami intime que j'ai perdu dans un accident de voiture.
La mort t'a ravi de sa main brutale de Tartare,
un beau jour où tout me souriait impérialement.
J'ai pleuré ce jour- là comme je ne le fais que rarement
et j'ai balbutié des prières quoique ce fût trop tard.
Je caressais de mes doigts ton portrait angélique.
Je l'embrassais avec ferveur comme l'on fait d'une relique.
Et comme il se doit, j'ai honoré cette nuit fatidique
en veillant ta dépouille avec des yeux tristes et hagards.
Mon front posé sur mes mains jointes, je priais.
Mon chapelet, tel un serpent, ondulait autour de mes mains endeuillées,
et le chagrin enfonçait dans mon coeur en berne son dard.
De temps en temps, je levais mes yeux cernés et mouillés
vers le portrait doré d'un Jésus crucifié
que je surpassais en douleur après ton départ.
A Tetouan, 1999.
Mohamed AZZAMORI.