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Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.

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Avortement.(Poème)

 Le téléphonne sonne,
un matin d'automne,
d'un air monotone.
Et ton rire cruel et jaune,
passe à travers le Rhône,
dans les fils, entre les pylônes,
retentit, retentit et résonne.

L'air stoÏque, tel une madonne,
j'écoute tes mots. Ah!c'est la bonne!
puisque tu m'annonces à la conne:
"Ecoute-moi Jérôme,
je veux couper les ponts".

Et tu sembles oublier, ô reine des cons
que je te supportais pendant cinq ans,
comme l'on supporte un infirme,
comme l'on supporte un maître-chanteur,
comme l'on supporte un patron!

Tu sembles oublier, ô reine des cons
que tes ponts frêles et tremblottants
tels des malades atteints de Parkinson
ne peuvent tenir tête aux tempêtes, aux pluies et aux fardeaux:
celui de ton corps, du mien et de ta folie.

Tu sembles oublier, ô reine des cons
que tes ponts suspendus, ressemblant à de vieils hamacs,
à de louches raccourcis ou à de véritables impasses,
ne sont plus le seul chemin qui mène à Rome,
ne sont plus le seul sentier montagneux qui débouche
sur le grand lac de la sérénité.

Ainsi, tu coupes tes ponts et tu brûles tes barques
et tu mourras, seule, emmurée dans ta forteresse d'orgueil.

Et de temps en temps, durant les nuits d'orage,
tu entendras les airs paisibles de mon violon
qui décrit, au-dessus des arbres du comté,
nos amours avortés.

         A Tetouan,1999.
Mohamed AZZAMORI.

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