Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.
Je prends mon stylo
pour t'écrire quelques mots
tendres, sincères et doux
et en français par- dessus tout!
Tu me réponds tard
comme un vieil auto-car
qui avance, recule puis repart
avec des bruits de pétard.
Je dis au facteur
de te confier que mon coeur
est précieux comme une fleur
que tu piétines avec rancoeur.
Tu envois ton frère: une véritable fauve
illico à mon père
pour qu'il remue ciel et terre
et lui dévoiler nos secrets les plus chers:
nos confessions d'alcôve.
Je t'annonce que c'est la rupture
et que ce n'est pas de la littérature.
Je fais de toi une caricature
et j'y appose ma signature!
Tu pleures et tu promets
une vengeance à la Salomé.
Tu montes jusqu'au sommet
de ta colère qui chômait
quand, passionnément, on s'aimait.
Puis, c'est le silence total.
Tu deviens taciturne et pâle:
la maladie appose son aval
sur ta beauté, ô jadis fatale.
Puis tu meurs à l'hôpital,
sans un gémissement, sans un râle.
Alors, je me sens malade et coupable.
Et je pleure sur ma seule relique: ton châle!
A l'E.N.S. Tetouan, 1995.