Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.
Je gis sur l'autel de ton dieu assassin
qui me sacrifie pour les beaux yeux d'une catin,
un dieu qui n'est pas moins drôle qu'un vieux mandarin
et qui n'est pas plus propre que le casier d'une putain.
Mon chant sinistre voltige, tel une chauve- souris dans ton temple.
Ce chant s'aggripe aux murs de ton église et fait peur à ton peuple.
Et tes bergers se signent: tu as immolé ton brave roi pour un dieu charlatan!
Ma douleur va crescendo pareille au chant d'un fakir.
Et brusquement de la Mort j'entrevois ton vizir
qui m'insulte en patois et me questionne en latin
et me traite de renégat, d'apostat et de vilain.
Il me parle du châtiment et de ton dieu courroucé.
Il ajoute que le feu est mon sort est que l'affaire est classée.
Et que même si je réclame la clémence tu ne m'en feras pas don
car j'ai saccagé ton temple et j'ai dit à ton dieu:"non"
et car,comme serviteur de ton temple j'étais trop libertin.
Je fais mon plaidoyer, calme et fier, comme un sire.
Et je dis à ton vizir:"approche un peu, sale sbire:
"Si tu veux emporter mon âme, tu l'auras sans duel
"car celle que j'aime m'a planté dans le dos l'une de ces lames...
"Mes rares moments de joie furent jouées sur une lyre
"que m'a volée ton dieu à la manière des voleurs à la tire.
"Un dieu qui n sait ni comptern ni écrire ni lire,
"un dieu puchiste qui sera renversé un jour par un satan.
"Alors si tu veux mon âme viens la chercher et arrête tes délires.
"Je suis un roi sans trône. Que peut-il m'arriver de pire? "
A Ouarzazate, 1998.