Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.
Quel est donc ce malaise
qui squatte mon âme?
Où sont les boissons et les mets,
les randonnées et les femmes?
Je ne peux haïr ni aimer
et je subis un interrogatoire infâme.
Alors, dois-je parler madame
ou faut-il me taire?
Quel est donc ce malaise
qui se propage dans mon coeur.
Qui veut mon mal-être? Qui veut ma mort?
Je n'ai pas honte. Je n'ai pas peur.
Je finirais de la sorte? Quelle ironie du sort!
Je meurs puis...je renais de mes cendres.
Et quand il fait minuit à Londres
mes plaies se réouvrent et mon coeur bat fort,
car la grande machine de Sotland- Yard
incarnée dans un commissaire, un faux lord
braque sur mes yeux sa lampe de bureau de Londres
tel un soldat braquant du haut de son mirador
son projecteur sur un criminel tentant de fuir un...château-fort!
Des questions stupides s'abattent sur moi,
comme des vautours, comme des insectes, comme des créanciers.
J'entends les sons des répercussions de la machine à écrire.
Des sons forts, précis et rapides,
pareils aux sons des talons pointus d'une femme qui s'enfuit.
Alors, je plaide coupable et j'avoue ce que l'on m'a dicté,
sous le ventilateur défectueux de cette salle mal éventée.
Et dans mon naufrage, je vous fais chavirer avec moi,
et j'avoue, sous la torture, notre délicate parenté:
notre amour suspect aux yeux de la société:
un adultère aggravé d'un athéisme patenté!
cela sent le fagot aux yeux d'une populace irritée,
d'autant plus que tu es mariée à un homme de loi
qui m'interroge, me passe à la question, et à tous les supplices, ma foi
sous le regard encourageant d'un sire cravaté et ganté
et qui n'est personne d'autre que ton frère-par-la loi!*
* Brother-in-law: beau-frère.