Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.
Elle, c'est la Belle: femme satisfaisant à tous les critères de la Femme Moderne: beauté, attraction, séduction, et maniement de la rhétorique. Lui, c'est la Bête: un homme qui passe tout son temps au travail pour pouvoir "régler la note" des caprices de sa Belle. Il n'est ni beau ni hâbleur. Il est juste amoureux de sa Belle, et lui réalise tous ses voeux y compris celui de le détester et il lui pardonne toutes ses fautes y compris celle de le tromper. Bref, ils forment un couple magnifique et vivent une vie heureuse, une vie digne d'un télé- feuilleton, à la grande déception des mauvaises langues. Lui, il bosse jour et nuit pour gagner de l'argent qu'...elle jette par la fenêtre pour qu'il aille le chercher...et la boucle est bouclée.Tout le monde y trouve son compte.
Les "commandes" de la Belle dépassent, au fil des jours, toute mesure mais la Bête travaille sans rechigner afin d"'honorer" ces commandes et de satisfaire sa Belle. A quoi sert une bête sinon à travailler dur? Il fait la sourde oreille devant les témoignages des amis et des voisins qui lui affirment, preuves à l'appui, que l'argent qu'il dépense pour "entretenir" sa belle sert pour celle- ci à "entretenir" ses amants. C'est ce qu'on appelle "détournement de fonds"! Mais lui,il est content: du moment où sa Belle lui permet de la toucher une fois par semaine, il est satisfait, et si elle a des amants, eh bien, lui, il est communiste sur se chapitre: il aime partager. Et si elle dépense tout son argent à lui et le donne à ses amants, eh bien,lui, il est capitaliste sur ce point: il désire que l'argent circule et que tout le monde en profite...même si lui, il n'en profite pas. En un mot, la Bête tient à sa Belle et vice-versa---enfin pour le "vice- versa" cela reste à vérifier--- mais du moment où personne ne se plaint, sauf les envieux, alors ....
Un jour, la Bête rencontre une femme au boulot. Une amitié naît entre les deux qui se métamorphose en...amour. La dame, au fil des semaines, prend soin de la Bête, lui fait connaître sa valeur, lui apprend l'estime de soi, l'amour- propre, le convainc d'épargner de l'argent pour s'assurer une retraite confortable et pour parier aux aléas de la vie mais surtout elle lui fait savoir, faire valoir et mettre à l'oeuvre sa fierté et sa...virilité. Du coup, il tombe amoureux d'elle et n'en démord pas.
La Belle apprend cette histoire et rit à gorge déployée: ce n'est qu'une incartade de la Bête qui finira vite par revenir sûrement au bercail comme un chien revenant à son chenil. Seulement voilà, la Bête ne revient pas à la Belle---même si toutes les bêtes finissent par rentrer à leurs repaires---peut- être parce qu'il a "senti" tout-à-coup, grâce à la femme qu'il vient de rencontrer, qu'il est un humain et surtout qu'il est "beau"...
Les ressources de la Belle sont épuisées. Elle se lamente sur son sort et sur sa "bêtise" de laisser filer une "bête" aux oeufs d'or. Tiens, c'est pour la première fois que la Belle se sent bête. Quant à la Bête, il vient de convoler avec sa nouvelle bien-aimée en heureuses, justes et "belles" noces.