Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.
Verse- moi ce vin que tes mains ont béni.
Verse- moi ce vin qui enivre et qui rajeunit.
Ce vin interdit, banni et damné
mais si délicieux quand tu le verses à ton condamné.
Ton vin me rend sage tel un philosophe chinois.
Ton vin me rend mâle comme un Turc ou un Gaulois.
Ton vin m'arrache des râles; des orgasmes de rois.
Ton vin me rend plus ivre que Bacchus quand tu bois avec moi!
Et verre après verre tous mes ennemis disparaissent grâce à une curieuse loi
car l'accent parisien de ton vin triomphe de leur patois!
Alors, vois-tu ma belle, je suis plus fort que tu crois.
Je reste maître à bord, même si je bois et je rebois.
Je ne chancelle pas: je m'en vais fier et sûr de moi,
comme un toréro andalous ou comme un mât raide et droit.
Alors, de grâce, verse- moi encore ce vin qui embaume et qui chatoie.
Ce vin sacré qui absoudra mes peines et baptisera mes joies.
Porte- le à mes lèvres par tes doigts frêles et fermes à la fois
et fais- moi boire, ô ma bacchante, mon bourreau, mon Judas et mon bras droit.
A Ouarzazate, 1996.
Mohamed AZZAMORI.