Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.
C'en est trop pour moi: tu m'as cloué sur la croix,
pour ne me laisser que mes yeux pour pleurer nos amours d'autrefois,
pour ne me laisser que mon coeur de jeune et brave gaulois,
et pour ne me laisser que mes lèvres pour sourire à ton peuple qui aboie
et qui réclame ma mort, je ne sais de quelle stupide loi.
Un peuple qui rit, boit, danse et parle un drôle de patois.
Un peuple qui te prie de faire signe au bourreau grave, calme et froid.
Alors, qu'on en finisse, sorcière, car j'ai déjà fait mon choix.
Je ne suis pas athée, madame, et j'ai un dieu auquel je crois.
Un dieu dont je baise le long manteau rouge et les élégants gants de soie,
chaque fois que je le vois: à l'aube, au soir, chez les prêtres et chez les rois.
Alors, sorcière, comme un phénix, de ma mort, je renaîtrai une autre fois,
et je viendrai hanter tes rêves bourgeois dans ton manoir bruxellois.
Et du royaume des morts je décreterai contre toi une cruelle fatwa!
A Ouarzazate, 1997.