Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.
Elle m'avait invité
à partager son dîner,
son lit et sa nuit,
à l'étreindre et à l'aimer.
J'ai fini par partager avec elle sa nuit,
par l'étreindre sans l'aimer.
Je survolais son corps
sans vouloir atterrir
dans son cratère qui bouillait...
Et elle s'échauffait,
devint une tigresse blessée,
me renversant, me dominant et voulant m'agresser.
Elle m'étouffait, me pétrissait et me pressait.
Mais je refusais de lui livrer ce qu'elle cherchait.
Et je m'abstins à placer mon thermomètre là où elle souffrait,
de peur de le voir exploser à cause du refoulement chronique dont elle était victime.
Quand elle a compris que je vendais cher ma peau,
elle m'a abandonné en reculant, à quatre pattes,
et en tournant sur elle-même, en rugissant.
Cette nuit- là, j'ai appris à ne pas provoquer une femme en rut
si je ne compte pas la combler.
Quand je la rencontre de temps en temps,
elle m'invite à son antre.
Je ne puis, hélas, accepter
puisque mes connaissances en sexualité sont loin de mériter un diplôme de nuit,
d'autant plus que je ne suis pas de cours de soir.
Et quand cette dame me sourit dans la rue,
je crois entrevoir
des crocs pointus, logeant entre ses lèvres sexy!
A Ouarzazate, 1997.