Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.
Elle parlait en riant
et dévoilait ses belles dents
qui scintillaient superbement
à la manière de vrais diamants.
Elle parlait avec un accent
écossais, attendrissant,
un bel accent évoquant
des printemps saisissants
régnant éternellement
dans les légendes d'antan
où tout fleurit à tous les temps
sans aucun risque de mourir.
Elle buvait son café quand
je l'admirais silencieusement.
Et des mots dorés et élégants
tels les étoiles d'un lieutenant
ornaient sa bouche, splendidement.
Puis des rires luisants et tintants
tels les anneaux d'un gitan
s'accrochaient à sa bouche gracieusement...
Soudain, ses beaux yeux riants
furent traversés rapidement
par un éclair compromettant.
Elle laissa tomber ses gants,
son visage manquait de sang...
Elle cessa de parler et de rire.
Et son visage en s'obscursissant
prit l'air des hivers poignants
où tout est gris, irrémédiablement,
où le soleil est toujours absent
et où l'on souffre le martyr.
C'est qu'elle a aperçu son amant
qu'elle avait quitté précipitamment,
sans raison, il ya cinq ans,
entrer dans ce bar, tel un revenant.
D'un air suppliant,
elle l'a regardé en insistant
pour s'excuser...en l'invitant
à la table de l'avenir.
Mais son amant, tel un sergent,
marchait droit, militairement.
Il la regarda, un instant,
d'un regard sans sentiment.
Lui aussi, malgré ces ans,
se souvenait d'elle parfaitement .
Mais il a fait ce jour-là semblant
de l'avoir oublié définitivement
en obligeant son coeur à mentir...
en étouffant la voix de ses souvenirs,
à la manière des héros des romans!
A Tetouan, 1998.