Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.
Elle m'a pris pour cible
et elle a foncé sur moi comme un esprit du Mal.
Et sur le sol,
je voyais distinctement les sabots de son cheval d'orgueil.
Et j'en ai eu ras-le-bol
quand j'aperçus, dans sa main coupable,
l'édit de la rupture:conclusion finale
d'une longue cohabitation sentimentale.
Du haut de son cheval de victoire
elle dictait ses conditions et énumérait mes déboires.
Elle ajouta, les poings sur les hanches, pour mieux se faire valoir:
" Rends-moi tes armes et tu peux garder tes larmes."
Faut-il l'avouer: j'avais une de ces peurs...!
Mais mes prières par lesquelles je caressais cette femme sadique
étaient comme le clapotis d'une mer stable et romantique
mais trop pacifique pour faire vaciller un torpilleur.
Alors, je me suis dit, avec religion et poésie:
"puisqu'il faut somber et que de la défaite il faut boire,
alors tâchons de faire face et de sombrer avec gloire,
au lieu d'être de cette femme la victime et la risée!"
Sur ce, je suis monté sur mes grands chevaux
et j'ai brandi mon sabre d'un air brave et mâle,
en invitant cette femme qui voulait avoir ma peau
à un duel libre mais équitable
ou à un corps-à-corps à armes égales
ou à l'amour à corps nu même si son issue me serait fatale.
Mais la dame scandalisée et prise au dépourvu
tourna la bride de son agressivité
en même temps que celle de son cheval
qui, paraît-il, ce jour-là, en avait trop vu.
Elle me cria:"Notre combat est reporté.
Je te tuerai de mes propres mains, canaille!".
Et elle s'enfuit, gauchement, comme un drôle de caporal.
Moi, je me suis abstenu de riposter
car la Femme est un adversaire de petite taille,
et quoi qu'elle soit à cheval et armée de sa beauté fatale,
c'est par l'indifférence qu'on arrive à la mater.
Alors, je me suis contenté d'esquisser
avec mon sabre un salut militaire
à l'égard de cette cavalière qui m'a plu dans le passé
par son inconstance stable, sa bêtise nue et sa virginité renouvelable.
Et j'ai laissé échapper cette drôle d'adversaire
qui aurait, pourtant, mérité une fessée!