Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.
Grande est cette salle où les mourants gémissent.
Grande est leur peine et nulles sont les prémices
d'une guérison, d'une rémission ou d'un espoir factice.
Pourquoi ce mollah vient-il prêcher dans l'eau trouble?
Pourquoi dérange-t-il les derniers soupirs de cette foule?
A la vue de cet homme, la souffrance de ces gens se dédouble.
Le mollah écoute, l'air grave, leurs délires,
les presse de confesser leurs fautes et les sermonne rudement,
à la manière d'un maître qui sait sans équivoque
qu'il fait un cours à des élèves qui ne vont pas réussir.
Et à la vue de ces mourants dont les âmes allaient partir,
j'aurais acheté leurs vies en vendant les mille sacrements.
Le mollah marmonne des mots confus et invoque
une puissance omnipotente qui ne ne peut vaincre le pire.
Puis, cet homme récite des prières en loques
qui ne peuvent freiner la mort qui avance tout simplement.
Il dessine, religieusement, une bénédiction dans l'air
comme un sorcier qui prononce un mot magique.
Mais à la grande déception du public,
le miracle est absent et le mollah commence à déplaire.
Et le mollah lâché par ses dieux passe un moment critique,
beaucoup plus grave que vit ces hommes glorieux
qui lui demandent de laisser le destin faire
et le prient de les laisser affronter, seuls, ce moment philosophique.
Alors, le bonhomme claque la porte, déçu et furieux
et se retire d'un pas sonnant et militaire,
soldat qu'il est pour le compte d'un dieu qu'il ne connaît pas.
Les mourants, quant à eux, se réfugient dans leurs souvenirs,
puisque la médecine religieuse ne fait qu'aggaraver leur cas.