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Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.

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Liaisons dangereuses.

   Il avait réussi tous les mariages sauf le sien. Il avait réconcilié tous les ennemis jurés de sa commune excepté ses enfants. Il avait fait réaliser de grands travaux d' aménagement dans sa commune à l'exception de sa maison. Il s'occupait de tout le monde sauf de sa famille. Il s'attendait, en agissant ainsi-- pour le bien de la Rébublique--  à recevoir une médaille, à être décoré, déclaré héros national, ou peut- être canonisé par le Président de l'Etat.
  En bref, il faisait tout le bien à son prochain. Sa famille et lui- même ne figuraient jamais sur son agenda. C'est pourquoi, il a fini par atterrir dans une maison de retraite, comme une voiture dans une fourrière. Sa femme, elle, a attérit  dans la rue et ses enfants dans les prisons de la sainte République.
   Il ressentait une déception incommensurable et une amertume qui n'avait pas d'égale. Lui, le serviteur de la République finissait de la sorte comme un immondice...dans une décharge publique. Trente années de bons et loyaux services ne lui ont pas assurée ne fût-ce qu'une retraite digne de maire. Il avait tout donné à la République. Cette espèce d'arraignée qui dévore son mâle après l'accouplement! 
  Trente années de bons et loyaux services. Ce n'est pas rien, cela! Il avait tout donné à la République: sa famille, lui-même, son temps, son bonheur...et ne réclamait rien en retour. Il ne réclamait que le bonheur de son prochain, je veux dire du citoyen, tellement il était très croyant...croyant en la République dur comme fer. Une religion de laïc!
   Ses amis les plus intimes ne cessaient de lui murmurer, entre deux verres, sur le ton de la confidence, lors de quelques rencontres, très rares du reste, que la République est pareil à une mer calme et chatoyante qui vous attire..., qui devient agitée petit-à-petit dès qu'elle se rend compte que vous vous êtes éloigné de la côte en vous baignant, pour vous étouffer dans ses bras et vous rejeter mort et dévoré par les bêtes aquatiques des jours plus tard....Mais lui, il hôchait la tête. Il n'était pas d'accord avec eux. La République était...sa race, son identité, sa religion, son âme...sa peau!
   Oui, tout le monde le savait: la République était une espèce de...maîtresse de notre maire à laquelle il vouait un amour platonique et inconditionnel....Seuelement voilà: cet amour ne fut jamais partagé. Et à cause d'une bavure que notre homme a commis-- même si son intention a été bonne lors du geste qui a provoqué cette bavure-- la Rébublique l'a...comment dire? ...elle l'a répudié, tout simplement, une répudiation à l'arabe!
   Depuis, il vivait dans une maison de retraite, ayant l'alcool pour seule consolation et la visite de quelques amis intimes pour seul...dérangement, car ils lui rappelaient les bons souvenirs de ses amours entre  les bras de la République et partant, ils remuaient le couteau dans la mémoire du maire...
   Il s'est éteint le soir d' un quatorze Juillet alors  que les feux d'artifices s'allumaient, pétardaient et dansaient dans les cieux de la République.
   Des années plus tard, il fut décoré. Mais on ne trouva personne de sa famille pour lui donner la médaille, tellement sa famille était réduite à une sorte de... diaspora. La République a décidé de reprendre la médaille...certainement pour qu'elle serve à une autre récompense...posthume.
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T
<br /> A première lecture mon commentaire rejoindrait celui de Samia, et puis en relisant c'est un question qui se révèle et qui me surprend souvent face à des récits d'amour manqué:<br /> peut on concilier une vie amoureuse et un dévouement sans borne à une cause? lorsque je relis de grands auteurs romantiques cela me donne l'impression que ces gens là n'avaient rien d'autre à faire<br /> de leurs journées que d'aller quérir et chanter l'amour, alors notre monde si englué dans le travail permet il encore aux sentiments de vivre pour ceux qui nous sont les plus proches?<br /> <br /> <br />
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L
<br /> "Les copains d'abord" disait Brassens, "le travail d'abord" disait monsieur le maire."La famille d'abord" dirait monsieur Machin...Le paradoxal, c'est que quelquefois, l'on"cède la<br /> priorité"à quelqu'un ou à quelque chose. L'on"marque bien le stop" mais lorsque l'on a la priorité, celui qui doit la céder ...nous rentre dedans. Mes amitiés Nicole! <br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> Quelle ironie de la vie, vivre pour mourir seul alors que l'homme a tout donné pour que les autres soient plus heureux, bon début de semaine<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> Merci pour le commentaire. La vie est souvent de la sorte. Mes amitiés!<br /> <br /> <br />