Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.
On dit qu'elle est une femme de"petite vertu". Les hommes la détestent dans cette ville puritaine, conservatrice et traditionnelle. Elle a même reçu des menaces de mort. On a même tenté à cinq reprises de l'assassiner. C'est pourquoi, elle a décidé de ne mettre le nez dehors que lorsqu'elle est accomapagnée de ses gardes de corps. Au début, il y avait deux gardes. Mais sa célebrité--et donc sa mauvaise réputation, et par conséquent le niveau du risque--allant crescendo, elle a multiplié le nombre de ses gardes de corps. Elle sort maintenant quadrillée par six hommes prêts à tout: d'un jet de pierre jusqu à une voiture piégée. Ses gardes de corps sont tous célibataires. Qui accepterait-il de travailler pour le compte d'une femme de "moeurs légères" dans un pays conservateur, misogyne et machiste?
Ainsi, chaque soir, elle quitte son domicile, à 19h et n'y rentre qu'à 5h du matin. Ses gardes de corps passent au peigne fin le"périmètre" juste avant la sortie et la rentrée de madame. Et tout le monde part à bord de trois voitures similaires comme trois gouttes d'eau. Les gardes de corps ont été triés sur le volet, sélectionnés par madame selon des critères très stricts. Leur chef ne les informe de l'itinéraire à prendre qu' à la minute- même où madame décide de partir ou de rentrer. Et souvent, il demande au chauffeur de changer de direction, d'emprunter une avenue au lieu d'une autre...Sans vous dire, bien- sûr, que le chemin de retour est toujours différent de celui de l'allée. Madame n'est jamais à bord de la même voiture. Et les trois voitures communiquent par radio. Et très récemment, madame a embauché des motards. Six en tout. Deux pour précéder le cortège, deux pour "assuer les arrières" et les deux autres se placent respectivement à droite et à gauche du cortège. Bref un cortège et un protocole propres à un véritable chef d'Etat. Normal: madame a fait, à cinq reprises, l'objet de tentatives d'assassinat: à l'arme blanche d'abord, au pistolet ensuite, puis à la mitraillette, à la grenade et enfin à une voiture piégée. Normal: plus elle devient célèbre et plus le danger grandit. Tout le monde, les gens de la ville, les gardes de corps et elle, se damandent comment cette fois-ci elle sera attaquée. Par un lance-missile ou par le biologique...
Il faut dire que ce pays-là regorge d'armes et d'arsenal militaire. Les guerres des gangs y font rage et les prises d'otages sont monnaie courante. Vous pouvez vous y procurer un automatique au premier coin de rue...Quant à un baguette de pain, eh bien elle n'est disponible que trois fois par semaine dans les deux seules boulangeries de la ville...et sur commande! Les armes sont livrées, quant à elles, sur simple présentation d'un...justificatif: l'argent. On n'est donc jamais prudent dans ce pays. C'est pourquoi madame, et vu la mauvaise réputation dont elle"jouit" chez les hommes de cette ville, prend le maximum de précautions. Elle sait que la sixième tentative d'assassinat, si elle a lieu, lui sera fatale!
Si les hommes de cette ville veulent à tout prix "la peau de madame",--exception faite de ces gardes de corps bien- entendu qui sont étrangers du reste--, les femmes, quant à elles, voient en elle comment dirais-je...une espèce d' "héroïne nationale". Mais aucune femme n'ose manifester, devant les hommes son admiration pour madame. Une femme qui approuverait de manière"ostentatoire" et devant les hommes ce que madame fait est une femme morte....C'est une mafia misogyne. Une mafia de moeurs.
Les mâles, pardon les hommes de cette ville en veulent cruellement à madame car madame est la seule femme de cette ville qui OSE se présenter à la seule discothèque de la ville pour...contempler des hommes qui se déshabillent au rythme d'une musique sensuelle. L'honneur des hommes de cette ville est donc en jeu. Il faut le recouvrer en tuant cette p...Quant aux hommes strip-teaseurs qui se dénudent chaque soir devant les yeux de leurs congénères eh bien..."cela" peut attendre. Quant au public mâle, eh bien, il ne fait rien de mal. Pour ce qui est du spectacle proprement dit...eh bien, il est organisé, supervisé et chapeauté par ceux-là même qui veulent attenter à la vie de madame! Et voilà, le tour de la question est fait. Elémentaire, cher(s) Watson!