Réflexion littéraire et philosophique. Extraits de l'auteur.
J'en ai pleine la coupe
des chagrins et des peines.
Alors, je crache dans ta soupe
et je déserte la nuit, tes troupes
où je menais une vie malsaine.
J'ai, cette nuit, le vent en poupe,
et je fuis vers des terres lointaines
où je serai, à l'abri de ta haine,
invisible par ton amour myope.
Alors, pressons, mon capitaine
et quittons cette terre, lieu de mes peines
vers l'Angleterre, la couronne de l'Europe.
Pressons, j'ai hâte de saluer la reine!
Là- bas, la Tamise vaut bien la Seine.
là- bas, les détectives ne quittent pas leurs loupes
à la recherche de fantômes en linceuls de laine.
Là- bas, les gardes sur des chevaux dégainent
leurs sabres, pour saluer la reine,
puis, ils s'en vont, se pavanant sur des croupes
luisantes sous le soleil des éclaircies incertaines.
Là-bas, je jouerai à la cornemuse en parcourant des plaines.
Là- bas, je visiterai des châteaux où des fantômes en groupe
se promènent, dans les couloirs, librement et sans gêne.
Là-bas, je verrai des hommes en perruques et en jupes
à la cour royale ou aux rencontres mondaines.
Là- bas, je prêterai l'oreille à des histoires anciennes
qui parlent de brigands, de trésors et de bagarres vilaines.
Là- bas, j'applaudirai chaque soir les pièces shakespeariennes.
Là- bas, je boirrai le meilleur vin de l'Europe
et je m'identifierai aux héros du patrimoine.
Là- bas, je serai roi et éternel sera mon règne.
Là- bas, je serai fier comme une statue londonienne.
A Tetouan, 1998.