Samedi 21 janvier 2012
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23:46
Il était une fois, dans un pays lointain, un roi qui interdisait à ses sujets le port de la montre. Avoir autour de son poignet, ou sur soi, une montre était
passible de la peine capitale. Aucun sujet n'osait porter une montre. Aux logis, avoir une horloge était considéré comme de la haute trahison. Bref, le Temps n'existait pas ou à vrai dire les
habitants de ce pays vivaient au rythme d'un seul et unique temps: le Temps Royal ponctué par les ordres distribués par le Souverain. Les sujets avaient toutefois la permission d'aligner
leurs activités sur le Temps de la Nature, plus particulièrement leur réveil, leur coucher et leur accouplement....En un mot, la notion du Temps, telle que nous la connaissons était absente,
nulle et non avenue dans ce royaume paisible jusqu'au jour où...
Jusqu'au jour où un Etranger débarqua dans ce royaume paisible. Il remarqua, évidemment, l'absence de toute
notion objective du Temps. Il s'enquit de la chose et il apprit que le Roi avait interdit toute montre, toute horloge, toute sablière...bref, tout appareil indiquateur du Temps. Mais l'Etranger
fut plus particulièrement vexé par l'attitude des "citoyens": ils étaient contents, béats, extasiés...comme s'ils étaient dans un état second, sous l'emprise d'une drogue puissante. L'Etranger
mena son enquête et découvrit, ô horreur, que l'absence de toute notion du Temps, dans ce royaume, évitait aux gens de réfléchir sur leur destinée, d'être angoissés, et surtout de craindre ou du
moins de réfléchir au lendemain...Autrement dit, ces gens vivaient dans un état animalier avancé...Et ce diagnostic ne fut pas à leur avantage: le Voyageur décida de quitter illico cette contrée
où l'on vit au rythme de son instinct et de celui du roi. L'Etranger fut tellement bouleversé qu'il décida de ne plus passer par ce Royaume sur son chemein du retour...Seulement
voilà:
Seulement voilà, sa montre à lui l'a trahi: il était le seul voyageur arrivant à l'heure à la gare, puisque, tous les voyageurs, dans ce paisible
royaume, arrivaient soit en avance soit en retard...Et l'unique police de ce pays avait pour devoir d'arrêter les gens qui vont au travail, qui arrivent à la gare,
qui viennent et qui s'envont, qui commencent une tâche ou la finissent...A L HEURE, drôle de tâche policière du reste...Cela étant, notre Voyageur fut arrêté à la gare ferroviaire par la
police et il fut accusé de la haute trahison: arriver à l'heure à un lieu, ce qui implique le fait d'avoir une montre...qui marche...Et ce qui implique surtout que la police dispose d'une
montre...pour arrêter les gens qui en ont une...Drôle d'histoire kafkaÏenne!!
Par Littérairement correct
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Vendredi 20 janvier 2012
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23:14
Je me suis toujours demandé pourquoi l'on ressent la valeur de quelqu'un juste au moment où on le perd. Je me suis souvent interrogé sur la justesse, le sens,
l'importance et la signification du mot "valeur", puisque, l'on ne ressent la valeur de quelque chose ou de quelqu'un qu'en le perdant, paradoxalement. On a beau dire que cette chose a de la
valeur, que je l'apprécie, que je l'estime, que je la cote, que... N'empêche que ces expressions sonnent creux, ou sonnent faux jusqu'au jour où l'on perd cette chose, et là, d'un seul coup, on
prend conscience de la VRAIE valeur de cette chose- là, sous le choc de sa perte, comme ferait un Africain qui ne prendrait conscience de l'importance du soleil que le jour où il en serait privé,
sous des cieux plus nuageux, moins cléments et plus pluvieux...La pire des choses reste ceci: la valeur des gens que l'on perd, soudainement, et qui meurent, à l'improviste, alors qu'on les
pensaient immortels, jeunes, forts et beau...Le deuil s'opère et s'installe comme un occupant indésirable et grossier...En effet, on ne prend acte de la valeur d'une personne que le jour où cette
personne n'est plus là, particulièrement quand cette personne s'éteint...A ce moment- là, ramener cette personne à la vie s'avère inutile car impossible, et l'on reste sous le repentir, sous le
choc, sous le regret, sous le joug de sentiments bêtes car se manifestant en retard, trop tard...Et c'est, paradoxalement à ce moment- là que l'on saisit dans son ampleur la valeur de l'individu
qui nous a quittés, à la manière d'un homme qui n'arrive à admirer l'envergure d'un aigle royal que quand celui- ci est au ciel, imposant car les ailes déployées...mais c'est trop tard,
l'aigle est très loin dans le ciel...impossible de le rattraper...Je pense que Blake-- ou quelqu'un d'autre-- a dit: " la valeur n'est valeur que quand l'homme s'y consacre". Je pense que c'est
vrai mais j'ajouterai que la vraie valeur de quelqu'un que nous côtoyons ne se manifeste à nos yeux que quand il nous quitte. C'est comme cela...L'homme est stupide et il ne réagit qu'après-
coup. L'homme ne sait admirer l'oeuvre d'art qui est en face de lui que le jour où elle quitte son piédestal pour s'engouffrer dans les archives de l'Histoire...A ce moment- là, regretter le fait
de ne pas l'avoir admirée à sa JUSTE VALEUR, est un acte de repentir INUTILE et ABSURDE...A quoi sert de regretter, le jour du Jugement Dernier, d'avoir été mécréant? A quoi bon de regretter
d'avoir négligé sa femme quand on la voit dans les bras de son amant? A quoi bon de regretter d'être un mauvais fils quand les parents sont partis? A quoi bon de décider de s'intéresser à la
pièce théâtrale quand le rideau est baissé? A quoi bon de vouloir faire du bien quand le mal est déjà fait?
Mohamed AZZAMORI, A Tetouan, le 20 janvier 2012.
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Jeudi 19 janvier 2012
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22:34
Il s'est éteint, par une aube glaciale, ce matin.
Un matin qui manque de soleil comme un nourisson manquant de lait.
Mais une aube est-elle déjà faite pour un décès clandestin?
Il s'est éteint, dans un éclairage imposant et divin.
Même si sa mort fut décidée, à la dernière minute, dans la foulée.
Quelle improvisation au cieux!, quel sacrasme du Destin!!
Il s'est éteint d'une mort grossière à faire rougir une putain.
Une mort amatrice, stagiaire, débutante qui déplaît.
Une mort dont la faux est émoussée par les têtes qu'elle a trop fait rouler.
Une mort de contrebandier, jalouse et traîtresse telle une catin.
Il s'est éteint...pour s'allumer dans nos coeurs, tel un saint.
Il s'est éteint...pour illuminer le ciel, les arbres et le blé.
Il nous a quittés...pour nous retrouver au sommet du gigantesque pin!
Trouvera-t-on quelqu'un qui osera perdre son souvenir, s'il vous plaît?
Négatif. Perd-on une bible arrosée de larmes et de vins?!
Par Littérairement correct
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Jeudi 19 janvier 2012
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21:51
Il est mort...La nouvelle est tombée comme le couperet d'une guillotine, comme une calamité naturelle, froide,
explosive et grinçante...avec cette différence de taille: on ne s'attendait pas du tout à sa mort. Certes, il était malade mais il s'était rétabli, son état s'était même amélioré, il s'était
éloigné des remous du danger et il avait regagné le rivage de la santé...quand la mort l'a rattrapé, telle un monstre marin qui refuse de lâcher sa proie...Une mort atroce, brutale, stupide,
absurde, une mort de quatre sous aux antipodes de la mort sublime qui enveloppe le héros tragique, héros tragique qu'il était...On s'attendait à ce qu'il parte dans une mort cérémonieuse, une
mort officielle, une mort réglementaire, une mort pompeuse...mais le voilà pris à la sauvette par cette mort subite, maladroite et voleuse, cette mort qui agit comme un bandit des grands chemins,
cette mort trâitresse qui frappe au-dessous de la ceinture et qui vous assassine quand vous n'êtes pas sur vos gardes, bref, une putain de mort, déléguée par une quelqconque
puissance impuissante, jalouse et assassine.
Il est mort...ce mercredi de janvier 2012, un mercredi creux, triste, funèbre, timide, maudit, absurde...Un mercredi où le temps et l'espace se sont figés
pour des secondes...Un mercredi de science- fiction. Il est mort...sans crier gare...Une vie vient de s'éteindre, une étoile vient de chuter, un coeur a arrêté de battre, une veuve a commencé à
pleurer, des enfants sont orphelins.
Il est mort...dans la surprise générale. Cette putain de mort vient de marquer un but mortel lors du temps mort, alors que tout le monde s'attendait à une
égalité salubre et salutaire. Il est mort...contrairement à la logique des choses, contrairement au diagnostic des médecins, contrairement à l'optimisme de ses enfants et à l'amour de sa femme.
Il est mort...par la main du Destin qui a réussi à glisser, tel un serpent maléfique, jusqu'aux tréfonds de l'abri où cet homme se croyait protégé...Un destin qui vous happe dans un souffle
indescriptible car immatériel et vous emmène vers l'au-delà, tel une bombe qui réussit à franchir les tranchées et à emmener dans une explosion le soldat fraîchement mobilisé, vers la contrée
mystérieuse du néant, avant-même que ce soldat ne prenne son fusil adossé au mur de la tranchée.
Il est mort...ce mercredi de Janvier 2012. Il est parti...sans espoir d'un possible retour...Il a été enlevé, kidnappé, pris en otage et sacrifié...Il est
mort, mon ami.
Par Littérairement correct
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Dimanche 11 décembre 2011
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/2011
13:53
On parle souvent de "mérite". On ignore son sens précis. Cela fait partie, en quelque sorte, des mots que l'on utilise à tort et à
travers, faute d'en trouver mieux. Un peu comme l'on dit, "Bonjour" même si le jour en question n'aurait rien de beau, absolument rien...Ainsi, un médecin, arrivé à la hâte, au chevet d'un
mourant, lui dira sûrement:"Bonjour!"...une façon de parler...tout simplement...Et d'ailleurs, que proposeriez- vous à ce médecin? Qu'il dise:"Salut"? "Comment ça va"? ...Cela reviendrait au
même...Des expressions creuses, sonnantes et trébuchantes, arbitraires, conventionnelles, stériles...langagières et humaines, en somme. Et tout ce qui est humain est...relatif, très
relatif.
A ce niveau, l'on parle, dans le domaine de la fonction publique et privée, de "mérite", de "rénumération selon le mérite", de "salaire selon la
rentabilité", et dans le domaine scolaire, par ailleurs, l'on parle d'"ordre par mérite"...Des expressions qui en disent long car elles disent tout et rien, en même temps!...La raison
en est que, dans la fonction publique, la rémunération a toujours été en rapport avec l'ancienneté, que vous méritiez cette rémunération ou pas, alors que dans le secteur privé, le salaire a été
toujours calculée en fonction de paramètres beaucoup plus complexes, en fonction du degré de votre allégeance, de votre dévouement, de votre "prêt à tout"-- y compris prêt à vendre votre
ami...pour prendre sa place, par la suite!-....Tous les paramètres y passent donc...sauf le mérite... A quand donc l'homme qu'il faut à la place qu'il faut quand il le faut?
On nous rabat, hélas, les oreilles par des sornettes avec lequelles on nous assomme chaque jour...des sornetttes de type: "l'ordre du mérite", "selon le
mérite", "lui, il le mérite"...Il ne manquait plus q'une décoration de mérite...laquelle décoration existe bien dans plusieurs pays, huereusement ou...malheureusement!
Ainsi, des inspecteurs de travaux finis dépêchés à la va- vite, viennent constater-- à la manière des huissiers-- si un fonctionnaire "mérite" bien
son salaire, et partant, ils rédigent des rapports dans ce sens---si jamais ils les rédigent-- pour que ses rapports aillent directement aux archives...sinon aux poubelles.
Toutefois, ces" inspecteurs" méritent-ils d'être "les inquisiteurs du mérite"? Font-ils leur travail comme il le faut? Sont-ils supervisés par leurs
chefs hiérarchiques? Et quand bien ce serait vrai, ces derniers méritent-ils de superviser ces inspecteurs?...
Vous conviendrez donc que, en raisonnant de la sorte, on tombe dans un cercle vicieux qui est plus dangereux que des sables mouvants...Ce raisonnement
est donc contre- productif, voire insensé vu que, la notion du mérite ne relève plus de la réalité mais de la mythologie et dans les meillers des cas de l'histoire de ...la chevalerie du Moyen-
Age!...La raison en demeure que, le mérite se calcule selon des critères objectifs, selon des grilles préconçues scientifiquement....Et même si ces grilles existaient, la lecture humaine les
fausseraient....Pour vous dire que l'on ne peut jamais calculer objectivement une notion subjective!
Mohamed AZZAMORI, à Tetouan, le 11 décembre 2011.
Par Littérairement correct
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